Nous vous en parlions avant hier dans nos colonnes. Hier, le vice-procureur a demandé une peine plus sévère.

En juillet 2003, ne supportant pas qu’elle le quitte, Mohamed Hadfi, ressortissant marocain alors âgé d’une trentaine d’années, avait arraché, à mains nues, les yeux de Samira, sa jeune épouse. Il prenait la fuite mais était interpellé trois jours plus tard en Allemagne, chez l’une de ses sœurs. Les faits s’étaient déroulés à Nîmes. Pour ces actes de torture et de barbarie, la cour d’assises du Gard le condamnait, en 2007, à 30 années de réclusion criminelle, assorties d’une interdiction définitive de territoire.

Le maximum possible

Depuis trois jours, il comparait devant la cour d’appel d’assises du Vaucluse. Hier soir, l’avocat général, le vice-procureur Yves Micolet, a demandé aux jurés d’alourdir au maximum la peine en rajoutant au verdict nîmois, une peine incompressible de 20 ans. Pour plusieurs raisons : aucun expert psychiatrique n’a évoqué une atténuation de sa responsabilité, parce qu’il n’existe (selon le ministère public) pas l’ombre du début d’une circonstance atténuante et parce qu’il n’a pas évolué depuis sa détention et resterait dangereux à sa sortie, « dans six ans avec le mécanisme des remises de peine, s’il n’y a pas de période de sûreté ».

Avant le réquisitoire, la plaidoirie de la partie civile, représentée par Me Isabelle Mimram avait fait le même constat. Peut-être plus durement encore, d’ailleurs.

« Pire que la mort ! »

Très incisive, l’avocate nîmoise avait démonté, un par un, les arguments de défense de l’accusé, soulignant avec talent ses contradictions et ses changements de version. Elle émut surtout très profondément une bonne partie de l’auditoire, voire du jury, en expliquant le calvaire qu’était devenue la vie de Samira, à laquelle Mohamed Hadfi avait infligé une peine à perpétuité, la pire des souffrances. Et qu’il avait continué depuis son arrestation en écrivant de sa prison à son ex-épouse (depuis remariée et mère de famille), des lettres (soi-disant) d’amour dans lesquelles il osait écrire « ton regard me manque » ! Un « suivi » qui terrorise encore la jeune femme et sa famille (qui a dû déménager). Les débats, menés par la présidente Catherine Gay-Julien, se sont prolongés tard dans la soirée, les plaidoiries de la défense ne débutant qu’après 20 h et à l’heure où nous mettions sous presse, la cour d’assises n’avait toujours pas rendu son verdict.

Source : Le Dauphiné Libéré

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