es files d’attente nocturnes devant la préfecture se sont encore allongées.Une situation qui a généré des incidents.Depuis lundi, la préfecture a pris des mesures pour éviter les bagarres.

«On fait la queue toute la nuit sans dormir pour ne pas se faire voler sa place mais il y a quand même des bagarres. C’est épuisant », s’indigne un jeune étranger devant la préfecture d’Evry. Et, pour une fois, policiers et associations de soutien sont unanimes. Tous réclament des changements dans l’accueil des étrangers à la préfecture d’Evry, où de nombreux débordements ont eu lieu depuis janvier : échauffourées, bousculades, policiers pris à partie… Ces derniers ont dû faire usage de gaz lacrymogène à plusieurs reprises pour disperser la foule.

Le syndicat policier Alliance a obtenu un rendez-vous avec les services préfectoraux et, la semaine dernière, une dizaine d’associations de soutien aux étrangers se sont fédérées pour demander la même chose.

Depuis lundi, la préfecture a d’ailleurs mis en place une nouvelle organisation pour tenter de canaliser la foule qui patiente sur le trottoir. Dès 7h45 et l’ouverture du premier portail, les policiers, dont l’effectif a été renforcé, distribuent 150 tickets. Les étrangers font ensuite la queue derrière des barrières fixées au sol qui viennent d’être installées, un peu comme dans les parcs d’attractions. A 9 heures, les personnes munies de tickets entrent une par une via un tourniquet — évitant ainsi les resquilleurs et les courses effrénées. Les 150 premiers arrivent ensuite au préaccueil de la préfecture… qui leur distribue à son tour un ticket permettant d’être reçu dans la journée. Pour les autres, il faudra revenir le lendemain.

Une affluence de plus en plus grande

Malgré les efforts de la préfecture, qui permet également d’imprimer en ligne les documents nécessaires, les difficultés persistent, car l’affluence est de plus en plus grande devant la préfecture d’Evry (jusqu’à 600 personnes certains jours, selon plusieurs témoins) depuis que l’accueil des étrangers dans les commissariats de Brunoy et Juvisy-sur-Orge a été fermé, le 1er mars. Et d’ici un mois, il fermera également dans 71 petites communes du département.

Hier matin, la fière détentrice du ticket no1 patientait depuis… 16 heures! Le no 150, lui, était arrivé à 3 heures . « Je suis venue plusieurs fois la semaine dernière à 4 heures et je n’ai pas pu déposer mon dossier », témoigne une jeune fille. Lundi soir, elle a donc pris la file d’attente à18 heures. Dans une ambiance bon enfant, le groupe de tête raconte comment il s’est organisé pour la nuit. « J’habite en face, témoigne un jeune homme. J’ai ramené des couvertures et des oreillers pour tout le monde. » Sa voisine, les yeux endormis, tient d’ailleurs encore le sien à la main.

Pourtant, en préfecture, ces témoignages étonnent. Des comptages précis ont eu lieu pendant une dizaine de nuits en mars. L’affluence maximum à 1 heure était de 11 personnes et à 7 heures de 250. Quant au personnel dédié au service des étrangers, son effectif n’aurait pas bougé depuis deux ans. Par essence complexe et laborieux, le traitement des dossiers accuserait des retards allant jusqu’à deux ans, selon les associations.

Les étrangers, s’ils apprécient cette nouvelle organisation, regrettent cependant que « seuls 4 guichets soient ouverts ». A l’avenir, la préfecture pourrait rapatrier certain employés auparavant affectés aux cartes grises vers le service des étrangers.

Source : Le Parisien

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